« Oui pour une modification de la Constitution de 1987 mais pas de changement radical […], car elle n’est pas responsable de tous nos maux », plaide Me Chantal Hudicourt, une ancienne constituante

By | 2 avril 2021

Réformes de la Constitution haïtienne préconisées « mais pas de changement radical » comme les maîtres du dictateur Jovenel Moise le lui ordonnent contre la volonté manifeste de la majorité des Haïtiens voulant prendre en main leur propre destin.

Mercredi 31 mars 2021 –Maître Chantal Hudicourt Ewald a plaidé mercredi pour une réforme de la Constitution de 1987, tout en rejetant catégoriquement le changement radical proposé par le gouvernement de facto de Jovenel Moise à la solde de la communauté internationale.

Me. Hudicourt a fait partie de l’assemblée constituante qui a rédigé la constitution de mars 1987 actuelle – en vigueur – . Elle a reconnu que le texte doit être modifié pour éviter l’instabilité politique, mais a exclu « une réforme complète« .

L’avocate qui intervenait mercredi à l’émission « Le Point » de télé Métropole, a également critiqué les gouvernements successifs ayant refusé d’appliquer la Constitution dans toute son intégralité, notamment la pyramide de décentralisation, a affirmé que « Nous ne devons pas accuser la Constitution de tous les maux« . Il faut spécifier que la Constitution de 1987 n’est pas responsable de a totale impunité dont jouit Jovenel Moise, un usurpateur de titre et indexé par la Cour des comptes dans le blanchiment d’argent et détournement des fonds de Petro Caribe.

Selon son analyse, les législateurs des années 1990 étaient plus engagés dans l’amélioration des conditions de vie de la population, contrairement à ces dernières années où l’on constate une course vers la richesse aux moyens de pots-de-vin et de complot contre les intérêts supérieurs de la nation.

L’année dernière, le président de facto Jovenel Moïse a multiplié les discours sur la nécessité de modifier la Constitution, affirmant qu’elle favorise l’instabilité avec une division excessive du pouvoir entre l’exécutif et le législatif.

Hudicourt a admis que la formation du gouvernement génère des luttes entre les parlementaires et les fonctionnaires de l’État, et a déploré les  » marchandages politiques  » qui ont conduit à la  » dégénérescence  » de l’Assemblée nationale. L’exécutif de Jovenel Moise a institutionnalisé la corruption en Haïti.

Mme Hudicourt n’est pas la seule à s’élever contre la réforme prônée par le régime de facto accusé d’être des laquais de l’international. Le constituant Georges Michel a également averti que ces changements n’ont jamais apporté de bonnes choses au pays et a dénoncé la dictature que le Jovenel Moïse tente d’imposer.

En regardant le projet de Jovenel Moïse, on voit clairement la dictature. Il a éliminé le Sénat de la République, il a annulé la Chambre des Députés. Il s’est donné une clause d’impunité qui permet au président de tuer des millions de personnes, de voler des millions de dollars, de violer les droits de l’homme », a déclaré l’ancien professeur d’histoire militaire lors d’une émission de télévision.

Des milliers de personnes ont manifesté dimanche et lundi derniers contre le référendum visant à modifier la constitution, et ont rappelé que la loi actuelle interdit les référendums constitutionnels.

Ils ont également réaffirmé que le mandat du président a expiré le 7 février dernier, comme l’ont confirmé le pouvoir judiciaire, les fédérations d’avocats et les leaders religieux.

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